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La santé dépend plus des précautions que des médecins - Jacques Benigne Bossuet

Mycoses vaginales : voici comment s'en débarrasser

L'été est leur saison préférée… Tous nos conseils pour se débarrasser de ces infections sans gravité mais très gênantes, surtout lorsqu'elles récidivent.

Au box-offce des infections féminines les plus fréquentes figure la mycose vaginale. Cette vulvovaginite, puisqu'elle touche la vulve et le vagin, concerne une femme sur trois au moins une fois au cours de sa vie. Le responsable ? Candida albicans, une levure appartenant à la famille des champignons qui provoque des démangeaisons et des sensations cuisantes au niveau de la vulve. Une mycose se reconnaît par des pertes blanches comme du lait caillé inodores.

Des situations à risque

« Ce champignon fait partie intégrante du microbiote vaginal, la flore microbienne normale du vagin », indique le Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de Vagin & Cie, on vous dit tout ! (Mango). Cette flore est essentiellement constituée de bactéries protectrices, les lactobacilles, appelés aussi bacilles de Döderlein. Mais lorsqu'ils ne sont plus assez nombreux – on parle de dysbiose –, Candida albicans en profite pour s'imposer ! Ce qui peut se produire dans de nombreuses situations : prise d'antibiotiques, variations hormonales liées à la grossesse ou induite par un contraceptif, hygiène intime inadaptée, « sans oublier les bains répétés, notamment à la mer, en piscine ou au spa ».

SOS antifongiques

L'infection est bénigne, mais elle ne guérira pas toute seule ! Pour en venir à bout, les antifongiques en ovules et en crème sont inévitables. Certains sont d'ailleurs disponibles en automédication : l'éconazole (Gyno-Pevaryl, Myleugyne…) ou le clotrimazole (MycoHydralin), par exemple. « Ces traitements sont aussi effcaces que ceux prescrits par le médecin et peuvent être utilisés sans problème si l'on reconnaît les signes d'une mycose, en dehors d'une grossesse où une consultation est nécessaire », indique le Dr Bagot. Pour une effcacité optimale, associez une crème (antifongique), en application durant sept jours, pour traiter l'irritation de la vulve et de son pourtour, et un ovule, pour agir sur les germes présents dans le vagin. Préférez les formules à libération prolongée ne nécessitant qu'une prise unique. Pendant les règles, « mieux vaut éviter les tampons qui risquent de compromettre l'action de l'antifongique et remettre un ovule supplémentaire juste après », conseille la gynécologue. Ne vous inquiétez pas si les sensations de brûlures s'accentuent les premières vingt-quatre heures du traitement. « Elles sont dues à la destruction du champignon qui libère des substances irritantes », prévient notre expert. N'hésitez pas à vous laver avec un savon gynécologique à pH basique – Candida albicans a horreur de ça ! – qui aide aussi à apaiser les démangeaisons : A-Derma Derm'Intim pH8, Hydralin Gyn, Myleuca… Côté partenaire, la mycose vaginale n'étant pas une maladie sexuellement transmissible, aucun traitement ne lui est recommandé, sauf s'il ou elle présente également une irritation.

Des probiotiques en traitement de fond

La mycose récidive ? Si elle survient systématiquement après la prise d'un antibiotique, l'utilisation préventive d'un ovule antifongique au cours de l'antibiothérapie est recommandée. A partir de trois ou quatre épisodes par an sans raison apparente, le médecin peut être amené à rechercher une baisse d'immunité liée à un diabète mal équilibré, une corticothérapie prolongée… « Mais, parfois, aucun facteur favorisant n'est retrouvé », constate le Dr Bagot. Quoi qu'il en soit, la prise en charge consiste avant tout à rééquilibrer le microbiote vaginal à l'aide de probiotiques, les lactobacilles naturellement présents dans le vagin. Ils se prennent pendant six mois et peuvent être administrés de deux façons : soit par voie orale (Ergyphilus Intima, Lactibiane CND 10M, Orogyn…) en prise continue, soit par voie vaginale (Bactigyn, Gynophilus LP, Hydralin Flora, Medigyne ou Physioflor LP…) quelques jours par mois après les règles. « Cette méthode plus directe donne souvent de meilleurs résultats », souligne la gynécologue.

Que faire cet été en prévention ?

Les champignons aiment la chaleur et l'humidité… Pour limiter le risque de mycose, il faut donc bien se rincer et s'essuyer après chaque bain. Attention aussi à ne pas garder sur soi un maillot mouillé. « On peut mettre un tampon imbibé de probiotiques (en pharmacies) avant une baignade », conseille le Dr Odile Bagot. Celui-ci fait obstacle à l'eau, mais surtout diffuse des lactobacilles, les bonnes bactéries protectrices. Les sous-vêtements en coton sont à préférer à ceux en synthétique, car ils régulent mieux la transpiration. On évite les pantalons trop serrés, les strings ou le port continu de protège-slip. Question hygiène, une toilette quotidienne suffit en utilisant un gel nettoyant sans parfum. On bannit dans tous les cas les savons antiseptiques ou les toilettes vaginales qui agressent le microbiote vaginal.

Bon à savoir

Les rapports sexuels sont possibles durant l'épisode de mycose, mais ils risquent d'être douloureux. Par ailleurs, les préservatifs en latex peuvent être détériorés par les composants des traitements antifongiques.

Source: Femina

Source Image: Freepik